{"id":102,"date":"2019-04-03T16:42:48","date_gmt":"2019-04-03T16:42:48","guid":{"rendered":"https:\/\/laweuro.com\/?p=102"},"modified":"2019-04-03T16:42:48","modified_gmt":"2019-04-03T16:42:48","slug":"case-of-dubinkin-v-russia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laweuro.com\/?p=102","title":{"rendered":"CASE OF DUBINKIN v. RUSSIA"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">TROISI\u00c8ME SECTION<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>AFFAIRE DUBINKIN c. RUSSIE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">(Requ\u00eate no 9305\/08)<br \/>\nARR\u00caT<br \/>\nSTRASBOURG<br \/>\n8 janvier 2019<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme.<\/p>\n<p>En l\u2019affaire Dubinkin c. Russie,<\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (troisi\u00e8me section), si\u00e9geant en un comit\u00e9 compos\u00e9 de\u00a0:<\/p>\n<p>Branko Lubarda, pr\u00e9sident,<br \/>\nPere Pastor Vilanova,<br \/>\nGeorgios A. Serghides, juges,<br \/>\net de Fato\u015f Arac\u0131, greffi\u00e8re adjointede section,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en chambre du conseil le 4 d\u00e9cembre 2018,<\/p>\n<p>Rend l\u2019arr\u00eat que voici, adopt\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0:<\/p>\n<p>PROC\u00c9DURE<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0\u00c0 l\u2019origine de l\u2019affaire se trouve une requ\u00eate (no\u00a09305\/08) dirig\u00e9e contre la F\u00e9d\u00e9ration de Russie et dont un ressortissant de cet \u00c9tat, M.\u00a0Aleksandr Stepanovich Dubinkin (\u00ab\u00a0le requ\u00e9rant\u00a0\u00bb), a saisi la Cour le 14\u00a0janvier 2008 en vertu de l\u2019article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (\u00ab\u00a0la Convention\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0Le gouvernement russe (\u00ab\u00a0le Gouvernement\u00a0\u00bb) a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 par son agent,M.\u00a0G.\u00a0Matiouchkine, ancien repr\u00e9sentant de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie aupr\u00e8s de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, puis par M.\u00a0M.\u00a0Galperine, son repr\u00e9sentant actuel.<\/p>\n<p>3.\u00a0\u00a0Le 25 novembre 2010, la requ\u00eate a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e au Gouvernement.<\/p>\n<p>EN FAIT<\/p>\n<p>LES CIRCONSTANCES DE L\u2019ESP\u00c8CE<\/p>\n<p>4.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant est n\u00e9 en 1958 et est d\u00e9tenu \u00e0 Areyskoy\u00e9.<\/p>\n<p>A.\u00a0\u00a0La proc\u00e9dure p\u00e9nale dirig\u00e9e contre le requ\u00e9rant<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0L\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire<\/p>\n<p>5.\u00a0\u00a0Le 5 mars 2006, le requ\u00e9rant fut arr\u00eat\u00e9 et plac\u00e9 dans le centre de d\u00e9tention provisoire du poste de police de l\u2019arrondissement Sovetski de la ville de Krasno\u00efarsk (\u00ab\u00a0l\u2019IVS Sovetski\u00a0\u00bb). Le m\u00eame jour, il passa aux aveux et d\u00e9clara avoir commis, le 4 mars 2006, un vol \u00e0 main arm\u00e9eavec R., son complice.<\/p>\n<p>6.\u00a0\u00a0Toujours le 5 mars 2006, \u00e0 22 heures, un proc\u00e8s-verbal de l\u2019arrestation du requ\u00e9rant fut \u00e9tabli. Il ressort de la copie dudit proc\u00e8s\u2011verbal soumise par le Gouvernement que le requ\u00e9rant s\u2019est vu notifier ses droits, notamment ses droitsde conna\u00eetre des soup\u00e7ons pesant \u00e0 son encontre, de garder le silence et de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un avocatcommis d\u2019office, et que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a formul\u00e9 aucune objection au d\u00e9roulement de son arrestation.<\/p>\n<p>7.\u00a0\u00a0Le 6 mars 2006, lors de son interrogatoire, le requ\u00e9rant, assist\u00e9 d\u2019un avocat commis d\u2019office, Me B., r\u00e9it\u00e9ra ses aveux.<\/p>\n<p>8.\u00a0\u00a0Le 7 mars 2006, le tribunal du district Sovetski de la ville de Krasno\u00efarsk (\u00ab\u00a0le tribunal du district Sovetski\u00a0\u00bb) autorisa le placement du requ\u00e9rant en d\u00e9tention provisoire.<\/p>\n<p>9.\u00a0\u00a0Le 9 mars 2006, le requ\u00e9rant fut transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat no\u00a0IZ\u201124\/1 de la ville de Krasno\u00efarsk (\u00ab\u00a0la maison d\u2019arr\u00eat\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>10.\u00a0\u00a0Le 13 mars 2006, le requ\u00e9rant, assist\u00e9 par l\u2019avocat B., se vit notifier sa mise enaccusation pour le vol \u00e0 main arm\u00e9e. Interrog\u00e9 le m\u00eame jour, de 14\u00a0h\u00a005 \u00e0 14\u00a0h\u00a020, en pr\u00e9sence de l\u2019avocat B., le requ\u00e9rant r\u00e9futa les accusations port\u00e9es \u00e0 son encontre et refusa de d\u00e9poser sur le fond de celles\u2011ci apr\u00e8s s\u2019\u00eatre pr\u00e9valu de son droit de ne pas t\u00e9moigner contre lui\u2011m\u00eame.<\/p>\n<p>11.\u00a0\u00a0Toujours le 13 mars 2006, le requ\u00e9rantlivra des aveux suppl\u00e9mentaires et d\u00e9clara avoir commis, le 15 f\u00e9vrier 2006, un vol avec violence avec son complice R.<\/p>\n<p>12.\u00a0\u00a0Le 14 mars 2006, lors de son interrogatoire, le requ\u00e9rant, assist\u00e9 de l\u2019avocat B., r\u00e9it\u00e9ra ces aveux.<\/p>\n<p>13.\u00a0\u00a0Le 18 avril 2006, le requ\u00e9rantse vit notifier sa mise en accusation pour le vol avec violence. Interrog\u00e9 le m\u00eame jour, de 17\u00a0h\u00a010 \u00e0 17\u00a0h\u00a045, il r\u00e9futa les accusations port\u00e9es \u00e0 son encontre et refusa de d\u00e9poser sur le fond de celles-ci apr\u00e8s s\u2019\u00eatre pr\u00e9valu de son droit de ne pas t\u00e9moigner contre lui\u2011m\u00eame. Le Gouvernement a soumis une note manuscrite du requ\u00e9rant du 18\u00a0avril 2006 dans laquelle l\u2019int\u00e9ress\u00e9 indiquait refuser l\u2019assistance d\u2019un avocat lors de la notification des charges et de son interrogatoire tenu le m\u00eame jour et d\u00e9clarait \u00eatre conscient que ses d\u00e9positions pourraient \u00eatre utilis\u00e9es ult\u00e9rieurement en tant que preuve au proc\u00e8s p\u00e9nal.<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0Le premier proc\u00e8s<\/p>\n<p>14.\u00a0\u00a0Le 17 mai 2006, l\u2019affaire p\u00e9nale dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre du requ\u00e9rant et de son coaccus\u00e9 R. fut renvoy\u00e9epour jugement.<\/p>\n<p>15.\u00a0\u00a0Le 7 juillet 2006, le tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski de la ville de Krasno\u00efarsk (\u00ab\u00a0le tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski\u00a0\u00bb) condamna le requ\u00e9rant du chef de vol \u00e0 main arm\u00e9emais le relaxa du chef de vol avec violence.Pour arriver \u00e0 la d\u00e9cision de culpabilit\u00e9 du requ\u00e9rant quant au vol \u00e0 main arm\u00e9e, le tribunal s\u2019appuya sur un certain nombre de preuves \u00e0 charge, parmi lesquellesles aveux du requ\u00e9rant du 5 mars 2006 et le proc\u00e8s\u2011verbal de son interrogatoire du 6\u00a0mars 2006.<\/p>\n<p>16.\u00a0\u00a0Par un arr\u00eat du 2 novembre 2006, la cour r\u00e9gionale de Krasno\u00efarsk r\u00e9forma le jugement du tribunal de premi\u00e8re instanceen sa partie concernant la relaxe partielle du requ\u00e9rant et ordonna le r\u00e9examen de l\u2019affaire. Le jugement du 7\u00a0juillet 2006 devint ainsi d\u00e9finitif en sa partie concernant la condamnation du requ\u00e9rant du chef de vol \u00e0 main arm\u00e9e.<\/p>\n<p>3.\u00a0\u00a0Le second proc\u00e8s<\/p>\n<p>17.\u00a0\u00a0Dans le cadre du second proc\u00e8s, au cours duquel diff\u00e9rents avocats commis d\u2019office, Mes\u00a0S.,\u00a0Sm.,\u00a0K.\u00a0et\u00a0F., assist\u00e8rent successivement le requ\u00e9rant, le tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski tint plusieurs audiences, en date des 23 novembre et 19 d\u00e9cembre 2006, des 19\u00a0f\u00e9vrier, 7 et 30 mars, 19\u00a0avril, 19 et 27 juillet, 21\u00a0novembre et 11 d\u00e9cembre 2007,et du 11 janvier 2008.<\/p>\n<p>18.\u00a0\u00a0Lors des audiences des 19 f\u00e9vrier et 30 mars 2007, le tribunal examina les aveux du requ\u00e9rant du 13 mars 2006 ainsi que les proc\u00e8s\u2011verbaux de son interrogatoire du 14 mars 2006. Le requ\u00e9rantdemandal\u2019exclusiondesdits aveux et proc\u00e8s\u2011verbaux des preuves \u00e0 charge.Le tribunal entendit l\u2019enqu\u00eatrice K., qui d\u00e9clara qu\u2019elle avait men\u00e9 l\u2019interrogatoire du requ\u00e9rant du 14 mars 2006 en pr\u00e9sence de l\u2019avocat B.<\/p>\n<p>19.\u00a0\u00a0Par une d\u00e9cision de proc\u00e9dure du 30 mars 2007, le tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski rejeta la demande du requ\u00e9rant. Il indiqua que les all\u00e9gations de ce dernier quant \u00e0 l\u2019absence de l\u2019avocat B. lors de l\u2019interrogatoire du 14 mars 2006 \u00e9taient mal fond\u00e9es au vu des d\u00e9clarations de l\u2019enqu\u00eatrice K. Il \u00e9carta \u00e9galement les all\u00e9gations de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 quant au caract\u00e8re pr\u00e9tendument involontaire de ses aveux du 13 mars 2006 au motif que celui\u2011ci les avait maintenus en pr\u00e9sence d\u2019un avocat lors de l\u2019interrogatoire du 14 mars 2006 et qu\u2019il n\u2019avait pas formul\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0de dol\u00e9ances quant \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une coercition quelconque \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>20.\u00a0\u00a0Par un jugement du 11 janvier 2008, le tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski reconnut le requ\u00e9rant coupable du chef de vol avec violence, et le condamna,apr\u00e8s cumul des peines, \u00e0 treize ans d\u2019emprisonnement.<\/p>\n<p>21.\u00a0\u00a0Le 25 mars 2008,la cour r\u00e9gionale de Krasno\u00efarsk tint une audience en appel, \u00e0 laquelle le requ\u00e9rant participa par vid\u00e9oconf\u00e9rence. \u00c0 l\u2019issue de cette audience, elleconfirma en appel le jugement du 11\u00a0janvier 2008.L\u2019int\u00e9ress\u00e9 all\u00e8gue devant la Cour qu\u2019il a demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre assist\u00e9 par un avocat lors de l\u2019audience en question mais que cette demande n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 prise en compte par la cour r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>B.\u00a0\u00a0Les conditions de d\u00e9tention du requ\u00e9rant<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0L\u2019IVSSovetski<\/p>\n<p>22.\u00a0\u00a0Du 5 au 8 mars 2006, le requ\u00e9rant fut plac\u00e9 \u00e0 l\u2019IVS Sovetski.<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9ress\u00e9soutient avoir \u00e9t\u00e9 plac\u00e9, avec six autres personnes, dans la cellule no\u00a02,qui mesureraitentre 8 et 10\u00a0m2. Selon lui, il n\u2019y avait ni toilettes ni acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau courante ou potable, et la cellule \u00e9tait mal \u00e9clair\u00e9e et mal ventil\u00e9e.<\/p>\n<p>23.\u00a0\u00a0Le Gouvernement indique que le requ\u00e9rant a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu \u00e0 l\u2019IVS Sovetski aux dates indiqu\u00e9es ci\u2011dessus dans la cellule no\u00a02. D\u2019apr\u00e8s lui, celle-ci mesurait 16 m\u00b2 et disposait de quatre lits. Le Gouvernementsoutient que le requ\u00e9rant y a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu avec quatre autres personnes le 5 mars 2006, etavec cinq autres personnes du 6 au 8 mars 2006.<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0La maison d\u2019arr\u00eat no\u00a0IZ-24\/1<\/p>\n<p>24.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rantd\u00e9crit ses conditions de d\u00e9tention \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat noIZ\u201124\/1de la mani\u00e8re suivante\u00a0: les cellules \u00e9taient surpeupl\u00e9es\u00a0; \u00e0 titre d\u2019exemple, une cellule d\u2019une superficie de 30-36 m2 accueillait entre 20 et 28 d\u00e9tenus\u00a0; les lits \u00e9taient d\u00e9pourvus de sommiers m\u00e9talliques et de literie\u00a0; il \u00e9tait interdit aux d\u00e9tenus de dormir pendant la journ\u00e9e, sous peine d\u2019un placement en isolement.Le requ\u00e9rant a produit \u00e0 l\u2019appui de ses all\u00e9gations devant la Cour une d\u00e9position \u00e9crite d\u2019un de ses cod\u00e9tenus.<\/p>\n<p>25.\u00a0\u00a0Le Gouvernement soutient que les cellules successivement occup\u00e9es par le requ\u00e9rant \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat avaient une superficieconforme aux standards internationaux et qu\u2019elles \u00e9taient \u00e9quip\u00e9es de tout le mat\u00e9riel et de toutes les commodit\u00e9s n\u00e9cessaires\u00a0(lit, lavabo, table, etc.).Il dit aussi que le requ\u00e9rant a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de promenades en plein air.<\/p>\n<p>3.\u00a0\u00a0Les locauxdu tribunal de l\u2019arrondissement Sovestki<\/p>\n<p>26.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant d\u00e9crit ses conditions de d\u00e9tention dans les locaux du tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski de la mani\u00e8re suivante\u00a0: les jours d\u2019audience, il \u00e9tait incarc\u00e9r\u00e9, pendant de courtes p\u00e9riodes, dans des cellules mesurant 4 \u00e0 8 m2 et accueillant entre 4 et 12 d\u00e9tenus\u00a0; ces cellules n\u2019\u00e9taient \u00e9quip\u00e9es ni d\u2019installations sanitaires ni de meubles\u00a0; les d\u00e9tenus ne pouvaient que s\u2019asseoir au sol\u00a0; les cellules \u00e9taient sombres et n\u2019avaient ni ventilation ni fen\u00eatres\u00a0; aucune nourriture ou boisson n\u2019\u00e9tait disponible\u00a0; avant leur placement en cellule, les d\u00e9tenus devaient enlever leurs manteaux et chaussures, et devaient remettre tout document ou tout dossier qu\u2019ils avaient rapport\u00e9s du centre de d\u00e9tention.<\/p>\n<p>27.\u00a0\u00a0Le Gouvernement soutient qu\u2019il y avait trois cellules dans les locaux du tribunal de l\u2019arrondissement Sovestki et que chacune d\u2019entre elles avait une superficie de 5,25 m\u00b2. Il admetque ces cellules n\u2019avaient pas de fen\u00eatres, mais all\u00e8gue qu\u2019elles \u00e9taient ventil\u00e9es. Il dit aussi que les d\u00e9tenus pouvaient se rendre aux toilettes trois fois par jour et \u00e9galement \u00e0 la demande. Le Gouvernement a soumis une attestation \u00e9tablie le 22 f\u00e9vrier 2011 par le pr\u00e9sident du tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski dont il ressort que la superficie des cellules \u00e9tait de 4 m\u00b2 chacune, que le nombre de personnes d\u00e9tenues dans lesdites cellules aux dates des transferts du requ\u00e9rant dans les locaux du tribunal (en tout, quinze transferts) \u00e9tait compris entre six et dix\u2011sept et que les femmes \u00e9taient d\u00e9tenues s\u00e9par\u00e9ment des hommes.<\/p>\n<p>EN DROIT<\/p>\n<p>I.\u00a0\u00a0SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 3 DE LA CONVENTION PRIS SEUL ET COMBIN\u00c9 AVEC L\u2019ARTICLE 13 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>28.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant all\u00e8gue que ses conditions de d\u00e9tention \u00e0 l\u2019IVS Sovetski, \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat et dans les cellules des locaux du tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski ont constitu\u00e9 un traitement inhumain et d\u00e9gradant. Il invoque l\u2019article 3 de la Convention, pris seul et combin\u00e9 avec l\u2019article 13 de la Convention. Ces deux dispositions sont ainsi libell\u00e9es en leurs parties pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0:<\/p>\n<p>Article 3<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nul ne peut \u00eatre soumis \u00e0 la torture ni \u00e0 des peines ou traitements inhumains ou d\u00e9gradants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Article 13<\/p>\n<p>\u00ab Toute personne dont les droits et libert\u00e9s reconnus dans la (&#8230;) Convention ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, a droit \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un recours effectif devant une instance nationale, alors m\u00eame que la violation aurait \u00e9t\u00e9 commise par des personnes agissant dans l\u2019exercice de leurs fonctions officielles. \u00bb<\/p>\n<p>A.\u00a0\u00a0Arguments des parties<\/p>\n<p>29.\u00a0\u00a0En se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 sa version des faits (paragraphes 23, 25 et 27 ci\u2011dessus), le Gouvernement soutient que les conditions de d\u00e9tention litigieuses n\u2019\u00e9taient pas constitutives de mauvais traitements.<\/p>\n<p>30.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant maintient son grief.<\/p>\n<p>B.\u00a0\u00a0Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0Sur la recevabilit\u00e9<\/p>\n<p>31.\u00a0\u00a0Constatant que ces griefs ne sont pas manifestement mal fond\u00e9s au sens de l\u2019article 35 \u00a7 3 a) de la Convention et qu\u2019ils ne se heurtent par ailleurs \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9, la Cour les d\u00e9clare recevables.<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0Sur le fond<\/p>\n<p>a)\u00a0\u00a0Sur la violation all\u00e9gu\u00e9e de l\u2019article 3 de la Convention<\/p>\n<p>32.\u00a0\u00a0La Cour rappelle avoir d\u00e9j\u00e0 conclu dans de nombreuses affaires \u00e0 la violation de l\u2019article 3 de la Convention \u00e0 raison des conditions de d\u00e9tention dans des maisons d\u2019arr\u00eat (voir, par exemple, Dudchenko c. Russie, no\u00a037717\/05, \u00a7\u00a7\u00a0116\u2011123, 7\u00a0novembre 2017, Vyatkin c. Russie, no\u00a018813\/06, \u00a7\u00a7\u00a036\u201144, 11 avril 2013, Mayzit c. Russie, no\u00a063378\/00, \u00a7\u00a7\u00a034\u201143, 20 janvier 2005,Ananyev et autres c. Russie,nos 42525\/07 et 60800\/08, \u00a7\u00a7\u00a0160\u2011166, 10\u00a0janvier 2012,Zentsov et autres c. Russie, no\u00a035297\/05, \u00a7\u00a7\u00a038\u201145, 23\u00a0octobre 2012, et Kolunov c.\u00a0Russie, no\u00a026436\/05, \u00a7\u00a7\u00a030-38, 9\u00a0octobre 2012), dans des centres de d\u00e9tention provisoire (voir, par exemple, Idalov c.\u00a0Russie (no 2), no 41858\/08, \u00a7\u00a7\u00a0105\u2011109, 13 d\u00e9cembre 2016, Sergeyev c.\u00a0Russie, no\u00a041090\/05, \u00a7\u00a7\u00a048\u201151, 6 octobre 2015, Shkarupa c. Russie, no\u00a036461\/05, \u00a7\u00a7\u00a054\u201157, 15 janvier 2015, et Shishkov c. Russie, no\u00a026746\/05, \u00a7\u00a7\u00a089\u201194, 20 f\u00e9vrier 2014), ainsi que dans des cellules situ\u00e9es dans leslocaux de tribunaux (Eskerkhanov et autres c. Russie, nos\u00a018496\/16 et 2\u00a0autres, \u00a7\u00a7\u00a041\u201142, 25 juillet 2017, Svetlana Kazmina c. Russie, no\u00a08609\/04, \u00a7\u00a7\u00a077\u201178, 2\u00a0d\u00e9cembre 2010, etStarokadomski c. Russie, no\u00a042239\/02, \u00a7\u00a057, 31 juillet 2008).<\/p>\n<p>33.\u00a0\u00a0En l\u2019occurrence, eu \u00e9gard aux \u00e9l\u00e9ments dont elle dispose, la Cour estime que le Gouvernement n\u2019a mis en avant aucun \u00e9l\u00e9ment de fait ou de droit \u00e0 m\u00eame de la convaincre de parvenir \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>34.\u00a0\u00a0En ce qui concerne la description des conditions de d\u00e9tention du requ\u00e9rant \u00e0l\u2019IVS Sovetski et \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat noIZ-24\/1, la Cour note que le Gouvernement n\u2019a pas soumis d\u2019originaux des registres des personnes d\u00e9tenues dans les \u00e9tablissements concern\u00e9s.Elle estime donc que le Gouvernement ne s\u2019est pas acquitt\u00e9 de la charge de la preuve lui incombant et qu\u2019il n\u2019a pas r\u00e9fut\u00e9 de fa\u00e7on convaincante les all\u00e9gations du requ\u00e9rant selon lesquelles celui-ci a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu dans des conditions contraires \u00e0 l\u2019article\u00a03 de la Convention.<\/p>\n<p>35.\u00a0\u00a0S\u2019agissant des conditions de d\u00e9tention dans les cellules des locaux dutribunal de l\u2019arrondissement Sovetski, la Cour note que, selon l\u2019attestation du pr\u00e9sident decette juridiction soumisepar le Gouvernement, le requ\u00e9rant disposait d\u2019un espace individuel compris entre 0,90 et 3 m\u00b2 au sein de ces cellules,lesquelles n\u2019avaient pas de fen\u00eatres etne permettaient pas un acc\u00e8s libre aux toilettes. Elle estime que, consid\u00e9r\u00e9esglobalement avec les conditions de d\u00e9tention du requ\u00e9rant \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat, ces conditionsont d\u00e9pass\u00e9 le seuil de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 pour constituer un traitement inhumain et d\u00e9gradant.<\/p>\n<p>36.\u00a0\u00a0Eu \u00e9gard \u00e0 sa jurisprudence en la mati\u00e8re (paragraphe32 ci\u2011dessus) et \u00e0 ses conclusions quant au bien-fond\u00e9 des all\u00e9gations du requ\u00e9rant (paragraphes 33\u201135ci-dessus), la Cour consid\u00e8re que les conditions de d\u00e9tention de ce dernier \u00e0 l\u2019IVS Sovetski, \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat noIZ-24\/1 et dans lescellules des locaux du tribunalde l\u2019arrondissement Sovetskiont constitu\u00e9 un traitement inhumain et d\u00e9gradant. Partant, il y a eu violation de l\u2019article\u00a03 de la Convention.<\/p>\n<p>b)\u00a0\u00a0Sur la violation all\u00e9gu\u00e9e de l\u2019article 13 de la Convention<\/p>\n<p>37.\u00a0\u00a0Eu \u00e9gard \u00e0 ses conclusions au paragraphe 36ci-dessus quant \u00e0 la violation de l\u2019article 3 de la Convention \u00e0 raison des conditions de d\u00e9tention du requ\u00e9rant, la Cour estime que le grief tir\u00e9 de l\u2019article 13 de la Convention est \u00ab\u00a0d\u00e9fendable\u00a0\u00bb (Ananyev et autres, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a093).<\/p>\n<p>38.\u00a0\u00a0La Cour rappelle que, dans son arr\u00eat Ananyev et autres (pr\u00e9cit\u00e9),elle a conclu que le syst\u00e8me juridique russe n\u2019offrait pas de voies de recours internes effectives pour faire valoir un grief relatif aux conditions de d\u00e9tention dans des maisons d\u2019arr\u00eat (\u00a7\u00a7\u00a0100\u2011119). Elle est par ailleurs parvenue \u00e0 la m\u00eame conclusion s\u2019agissant de griefs relatifs, d\u2019une part, aux conditions de d\u00e9tention dans un centre de d\u00e9tention provisoire (Shkarupa, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a060) et, d\u2019autre part, aux conditions de transport de d\u00e9tenus (M.S. c.\u00a0Russie, no\u00a08589\/08, \u00a7\u00a7\u00a080\u201186, 10\u00a0juillet 2014). En l\u2019occurrence, la Cour estime que le Gouvernement n\u2019a mis en avant aucun \u00e9l\u00e9ment de fait ou de droit \u00e0 m\u00eame de la convaincre d\u2019aboutir \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>39.\u00a0\u00a0Partant, il y a eu violation de l\u2019article 13 de la Convention.<\/p>\n<p>II.\u00a0\u00a0SUR LA VIOLATION ALL\u00c9GU\u00c9E DE L\u2019ARTICLE 6 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>40.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant all\u00e8gue avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 d\u2019un proc\u00e8s \u00e9quitableen raison de l\u2019utilisation de ses aveux et d\u00e9clarations obtenus pendant l\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire, qu\u2019il dit avoir faits en l\u2019absenced\u2019uneassistance par un avocat. Il se plaint aussi de ne pas avoir dispos\u00e9 du temps n\u00e9cessaire pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense lors du second proc\u00e8s devant le tribunal de premi\u00e8re instance. Il all\u00e8gueen outre que les avocats commis d\u2019office lors de ce proc\u00e8s ne lui ont pas fourni une assistance juridiqueefficace. Il se plaint enfin de ne pas avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019assistance juridique lors de l\u2019audience en appel du 25 mars 2008. Le requ\u00e9rant invoque l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01, 3 b) et c) de la Convention, qui se lit comme suit en ses parties pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a01.\u00a0\u00a0Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement (&#8230;) par un tribunal (&#8230;) qui d\u00e9cidera (&#8230;) du bien-fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre elle (&#8230;).<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>3.\u00a0\u00a0Tout accus\u00e9 a droit notamment \u00e0\u00a0:<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p>b)\u00a0\u00a0disposer du temps et des facilit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la pr\u00e9paration de sa d\u00e9fense\u00a0;<\/p>\n<p>c)\u00a0\u00a0se d\u00e9fendre lui-m\u00eame ou avoir l\u2019assistance d\u2019un d\u00e9fenseur de son choix et, s\u2019il n\u2019a pas les moyens de r\u00e9mun\u00e9rer un d\u00e9fenseur, pouvoir \u00eatre assist\u00e9 gratuitement par un avocat d\u2019office, lorsque les int\u00e9r\u00eats de la justice l\u2019exigent\u00a0;<\/p>\n<p>(&#8230;)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A.\u00a0\u00a0Arguments des parties<\/p>\n<p>41.\u00a0\u00a0S\u2019agissant des aveux et d\u00e9clarations du requ\u00e9rant faits pendant l\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire et de leur utilisation dans le proc\u00e8s p\u00e9nal dirig\u00e9 \u00e0 son encontre, le Gouvernement argue que les juridictions nationales ont soigneusement examin\u00e9 les assertions de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce sujet et qu\u2019elles les ont rejet\u00e9es pour d\u00e9faut de fondement. Il indique qu\u2019elles ont notamment \u00e9tabli que le requ\u00e9rant avait \u00e9t\u00e9 d\u00fbment repr\u00e9sent\u00e9par l\u2019avocat B. lors de l\u2019interrogatoire du 14\u00a0mars 2006 \u2013 interrogatoire au cours duquel l\u2019int\u00e9ress\u00e9 avait confirm\u00e9 ses aveux livr\u00e9s la veille \u2013 et qu\u2019elles ont consid\u00e9r\u00e9 que, lors de l\u2019interrogatoire du 18 avril 2006,il avait refus\u00e9 l\u2019assistance d\u2019un avocat de son plein gr\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00fbment inform\u00e9 de ses droits proc\u00e9duraux, y compris du droit d\u2019\u00eatre assist\u00e9 par un avocat et du droit de ne pas t\u00e9moigner contre soi\u2011m\u00eame. Le Gouvernement soutient ensuite que le requ\u00e9rant disposait du temps n\u00e9cessaire pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense eu \u00e9gard aux laps de temps s\u00e9parant les audiences lors du second proc\u00e8s dirig\u00e9 \u00e0 son encontre. En ce qui concerne le grief tir\u00e9 d\u2019une absence d\u2019efficacit\u00e9de l\u2019assistance juridique fournie par les avocats commis d\u2019office au stade de l\u2019examen judiciaire de l\u2019affaire p\u00e9nale, le Gouvernement indique que le requ\u00e9rant a failli \u00e0 soulever cette dol\u00e9ance devant l\u2019instance d\u2019appel et il invite la Cour \u00e0 rejeter le grief pour non\u2011\u00e9puisement des voies de recours internes. Enfin, s\u2019agissant du grief relatif \u00e0 l\u2019absence d\u2019une assistance juridique lors de l\u2019audience en appel du 25 mars 2008, le Gouvernement all\u00e8gue que le requ\u00e9rant n\u2019a pas demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par un avocat.<\/p>\n<p>42.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant maintient ses griefs.<\/p>\n<p>B.\u00a0\u00a0Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0Sur la recevabilit\u00e9<\/p>\n<p>43.\u00a0\u00a0La Cour note d\u2019embl\u00e9e que le requ\u00e9rant n\u2019a pas soulev\u00e9 le grief tir\u00e9 d\u2019une absence d\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019assistance juridique des avocats commis d\u2019office dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 lors du second proc\u00e8sdevant le tribunal de premi\u00e8re instancedans son appel contre le jugement du 11 janvier 2008. Elle accepte donc l\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 soulev\u00e9e par le Gouvernement \u00e0 ce titre et rejette ce grief pour non\u2011\u00e9puisement des voies de recours internes, en application de l\u2019article 35\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01 et 3 de la Convention.<\/p>\n<p>44.\u00a0\u00a0S\u2019agissant du grief du requ\u00e9rant relatif \u00e0 l\u2019utilisation de ses aveux du 5\u00a0mars 2006 ainsi que du proc\u00e8s-verbal de son interrogatoire du 6\u00a0mars 2006 lors du proc\u00e8s p\u00e9nal dirig\u00e9 \u00e0 son encontre, la Cour constate que ces pi\u00e8ces du dossier p\u00e9nal ont \u00e9t\u00e9 admises au proc\u00e8s en tant que preuves de la culpabilit\u00e9 de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 du chef de vol \u00e0 main arm\u00e9e et que la condamnation du requ\u00e9rant \u00e0 cet \u00e9gard est devenue d\u00e9finitive le 2 novembre 2006 (paragraphes 15\u201116 ci\u2011dessus), soit plus de six mois avant la date de l\u2019introduction de la pr\u00e9sente requ\u00eate, \u00e0 savoir le 14\u00a0 janvier 2008. Il s\u2019ensuit que cette partie du grief doit \u00eatre rejet\u00e9e pour tardivet\u00e9, en application de l\u2019article 35\u00a0\u00a7\u00a01 de la Convention.<\/p>\n<p>45.\u00a0\u00a0Quant au grief du requ\u00e9rant relatif \u00e0 l\u2019utilisation de ses aveux du 13\u00a0mars 2006 ainsi que des proc\u00e8s-verbaux de ses interrogatoires des 14\u00a0mars et 18\u00a0avril 2006 lors du second proc\u00e8s p\u00e9nal, la Cour rel\u00e8ve que, \u00e0 la date du 13 mars 2006, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de ses droits proc\u00e9duraux, y compris du droit \u00e0 l\u2019assistance d\u2019un avocat commis d\u2019office et du droit de ne pas t\u00e9moigner contre soi\u2011m\u00eame, \u00e0 trois reprises, dont deux fois en pr\u00e9sence de l\u2019avocat commis d\u2019office B. (paragraphes 6, 7 et 10 ci\u2011dessus). Eu \u00e9gard aux \u00e9l\u00e9ments du dossier dont elle dispose, la Cour ne peut \u00e9tablir que, lorsqu\u2019il s\u2019est livr\u00e9 \u00e0 des aveux le 13 mars 2006 sans demander l\u2019assistance d\u2019un avocat ainsi que lorsqu\u2019il a refus\u00e9 d\u2019\u00eatre assist\u00e9 par un avocat lors de l\u2019interrogatoire du 18 avril 2006, le requ\u00e9rant agissait sous l\u2019effet de l\u2019exercice d\u2019une coercition ou se trouvait dans l\u2019impossibilit\u00e9 de pr\u00e9voir de fa\u00e7on consciente et \u00e9clair\u00e9e les cons\u00e9quences de son comportement. Elle estime donc que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 a valablement renonc\u00e9 \u00e0 son droit de garder le silence et au droit de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un avocat. Rien dans le dossier dont la Cour dispose ne d\u00e9montre que la participation de l\u2019avocat B. lors de l\u2019interrogatoire du 14\u00a0mars 2006 n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9elle ou que son assistance n\u2019\u00e9tait pas efficace (voir, dans le m\u00eame sens, Khalilovy c. Russie (d\u00e9c.) [comit\u00e9], no\u00a02373\/05, 7\u00a0novembre 2017). Il s\u2019ensuit que ce grief est manifestement mal fond\u00e9 et qu\u2019il doit \u00eatre rejet\u00e9, en application de l\u2019article\u00a035\u00a0\u00a7\u00a7\u00a03 a) et 4 de la Convention.<\/p>\n<p>46.\u00a0\u00a0En ce qui concerne le grief du requ\u00e9rant relatif au manque de temps all\u00e9gu\u00e9 pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense devant le tribunal de premi\u00e8re instance lors du second proc\u00e8s, eu \u00e9gard aux \u00e9l\u00e9ments soumis par les partiesrelativement au nombre et \u00e0 la fr\u00e9quence des audiences tenues (paragraphe 17 ci\u2011dessus), la Cour consid\u00e8re que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019a pas d\u00e9montr\u00e9 que le temps dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e9tait insuffisant. Il s\u2019ensuit que ce grief est manifestement mal fond\u00e9 et qu\u2019il doit \u00eatre rejet\u00e9, en application de l\u2019article 35\u00a0\u00a7\u00a7\u00a03 a) et 4 de la Convention.<\/p>\n<p>47.\u00a0\u00a0Constatant enfin que le grief du requ\u00e9rant relatif \u00e0 l\u2019absence d\u2019une assistance juridique lors de l\u2019audience en appel du 25 mars 2008 n\u2019est pas manifestement mal fond\u00e9 et qu\u2019il ne se heurte par ailleurs \u00e0 aucun autre motif d\u2019irrecevabilit\u00e9, la Cour le d\u00e9clare recevable.<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0Sur le fond<\/p>\n<p>48.\u00a0\u00a0La Cour rappelle avoir d\u00e9j\u00e0 conclu dans de nombreuses affaires \u00e0 la violation de l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01 et 3 c) de la Convention \u00e0 raison de l\u2019impossibilit\u00e9 pour un requ\u00e9rant d\u2019obtenir une assistance juridique lors d\u2019une audience en appel (Sakhnovski c. Russie [GC], no\u00a021272\/03, \u00a7\u00a7\u00a099\u2011109, 2 novembre 2010, Shumikhin c. Russie, no\u00a07848\/06, \u00a7\u00a7\u00a022\u201123, 16\u00a0juillet 2015, Volkov et Adamskiyc. Russie, nos\u00a07614\/09 et 30863\/10, \u00a7\u00a7\u00a056\u201161, 26 mars 2015, Eduard Rozhkovc. Russie, no\u00a011469\/05, \u00a7\u00a7\u00a021\u201126, 31\u00a0octobre 2013, et Nefedov c. Russie, no\u00a040962\/04, \u00a7\u00a7\u00a041\u201148, 13\u00a0mars 2012).<\/p>\n<p>49.\u00a0\u00a0En l\u2019occurrence, eu \u00e9gard aux \u00e9l\u00e9ments dont elle dispose, la Cour estime que le Gouvernement n\u2019a mis en avant aucun \u00e9l\u00e9ment de fait ou de droit \u00e0 m\u00eame de la convaincre de parvenir \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>50.\u00a0\u00a0En effet, la Cour ne peut accepter l\u2019argument du Gouvernement consistant \u00e0 dire que le requ\u00e9rant n\u2019a pas demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par un avocat lors de l\u2019audience en appel du 25 mars 2008. Elle rappelle que le droit interne russe en vigueur au moment des faits rendait obligatoire la repr\u00e9sentation juridique d\u2019un accus\u00e9 lors de l\u2019examen d\u2019une affaire p\u00e9nale en appel et que tout refus d\u2019\u00eatre assist\u00e9 par un avocat devait \u00eatre fait par \u00e9crit (Volkov et Adamskiy, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a057). Le Gouvernement n\u2019ayant pas d\u00e9montr\u00e9 que le requ\u00e9rant avait refus\u00e9 par \u00e9crit d\u2019\u00eatre assist\u00e9 par un avocat lors de l\u2019audience en question, la Cour consid\u00e8re que l\u2019int\u00e9ress\u00e9 n\u2019avait pas valablement renonc\u00e9 \u00e0 son droit et, par cons\u00e9quent, qu\u2019il n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une assistance juridique en appel (idem, \u00a7\u00a058).<\/p>\n<p>51.\u00a0\u00a0Partant, il y a eu violation de l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01 et 3 c) de la Convention \u00e0 raison de l\u2019absence d\u2019une assistance juridique fournie au requ\u00e9rant lors de l\u2019audience en appel du 25 mars 2008.<\/p>\n<p>III.\u00a0\u00a0SUR LES AUTRES VIOLATIONS ALL\u00c9GU\u00c9ES<\/p>\n<p>52.\u00a0\u00a0Invoquant l\u2019article 3 de la Convention, le requ\u00e9rant all\u00e8gue avoir \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9 en d\u00e9tention et ne pas avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une enqu\u00eate effective \u00e0 cet \u00e9gard. Sous l\u2019angle de l\u2019article 5\u00a0\u00a7\u00a01 c) de la Convention, le requ\u00e9rant soutient que sa d\u00e9tention \u00e9tait ill\u00e9gale, que les motifs avanc\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de son placement en d\u00e9tention n\u2019\u00e9taient pas suffisants, que l\u2019assistance juridique lui ayant \u00e9t\u00e9 fournie lors des audiences portant sur sa d\u00e9tention en 2006 \u00e9tait d\u00e9faillante et qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 assist\u00e9 d\u2019un avocat \u00e0 certaines audiences en 2007.Invoquant l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a01 de la Convention, le requ\u00e9rant d\u00e9nonce une impossibilit\u00e9 d\u2019obtenir la convocation et l\u2019interrogatoire de deux t\u00e9moins \u00e0 d\u00e9charge dans les m\u00eames conditions que ceux des t\u00e9moins \u00e0 charge. Enfin, sur le terrain de l\u2019article 8 de la Convention, le requ\u00e9rant d\u00e9nonce la vid\u00e9osurveillance de l\u2019une des cellules occup\u00e9es par luien ce qu\u2019elle aurait port\u00e9 atteinte \u00e0 sa vie priv\u00e9e.<\/p>\n<p>53.\u00a0\u00a0Compte tenu de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments dont elle dispose, et pour autant qu\u2019elle est comp\u00e9tente pour conna\u00eetre des all\u00e9gations formul\u00e9es, la Cour ne rel\u00e8ve aucune apparence de violation des droits et libert\u00e9s garantis par la Convention ou ses Protocoles. Il s\u2019ensuit que ces griefs doivent \u00eatre rejet\u00e9s, en application de l\u2019article 35 \u00a7\u00a7 3 a) et 4 de la Convention.<\/p>\n<p>IV.\u00a0\u00a0SUR L\u2019APPLICATION DE L\u2019ARTICLE 41 DE LA CONVENTION<\/p>\n<p>54.\u00a0\u00a0Aux termes de l\u2019article 41 de la Convention,<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si la Cour d\u00e9clare qu\u2019il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d\u2019effacer qu\u2019imparfaitement les cons\u00e9quences de cette violation, la Cour accorde \u00e0 la partie l\u00e9s\u00e9e, s\u2019il y a lieu, une satisfaction \u00e9quitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A.\u00a0\u00a0Dommage<\/p>\n<p>55.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant r\u00e9clame 60\u00a0000 euros (EUR) au titre des pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral qu\u2019ildit avoir subis. Notamment, il all\u00e8gue avoir subi des pertes financi\u00e8res du fait de sa condamnation \u00e0 une peine privative de libert\u00e9 \u00e0 l\u2019issue du proc\u00e8s p\u00e9nal dirig\u00e9\u00a0 \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>56.\u00a0\u00a0Le Gouvernement consid\u00e8re cette demande excessive.<\/p>\n<p>57.\u00a0\u00a0S\u2019agissant du pr\u00e9judice mat\u00e9riel r\u00e9clam\u00e9, la Cour ne saurait sp\u00e9culer sur le r\u00e9sultat auquel la proc\u00e9dure p\u00e9nale dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre du requ\u00e9rant aurait abouti si la violation de l\u2019article 6\u00a0de la Convention n\u2019avait pas eu lieu (voir, par exemple, Mantovanelli c. France, 18\u00a0mars 1997, \u00a7\u00a040, Recueil\u00a01997\u2011II). Il convient donc de rejeter les pr\u00e9tentions du requ\u00e9rant \u00e0 ce titre. En revanche, elle estime qu\u2019il y a lieu d\u2019octroyer au requ\u00e9rant10\u00a0700 EUR au titre du pr\u00e9judice moral.<\/p>\n<p>B.\u00a0\u00a0Frais et d\u00e9pens<\/p>\n<p>58.\u00a0\u00a0Le requ\u00e9rant demande \u00e9galement 212 EUR pour les frais et d\u00e9pens engag\u00e9s devant les juridictions internes et devant la Cour.<\/p>\n<p>59.\u00a0\u00a0Le Gouvernement indique que le requ\u00e9rant n\u2019a pas soumis de justificatifs \u00e0 l\u2019appui de sa demande.<\/p>\n<p>60.\u00a0\u00a0Constatant que les pr\u00e9tentions du requ\u00e9rant ne sont pas \u00e9tay\u00e9es par des justificatifs pertinents, la Cour rejette sa demande relative aux frais et d\u00e9pens.<\/p>\n<p>C.\u00a0\u00a0Int\u00e9r\u00eats moratoires<\/p>\n<p>61.\u00a0\u00a0La Cour juge appropri\u00e9 de calquer le taux des int\u00e9r\u00eats moratoires sur le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne major\u00e9 de trois points de pourcentage.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS, LA COUR, \u00c0 L\u2019UNANIMIT\u00c9,<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0D\u00e9clarela requ\u00eate recevable quant au grief tir\u00e9 de l\u2019article 3 de la Convention pris seul et combin\u00e9 avec l\u2019article 13 de la Convention en ce qui concerne les conditions de d\u00e9tention du requ\u00e9rant \u00e0 l\u2019IVS Sovetski, \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat no\u00a0IZ\u201124\/1 et dans les cellules des locaux du tribunal de l\u2019arrondissement Sovetski durant le proc\u00e8s p\u00e9nal dirig\u00e9 \u00e0 son encontre, ainsi que quant au grief tir\u00e9 de l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01 et 3 c) de la Convention en ce qui concerne l\u2019absence d\u2019une assistance juridique au requ\u00e9rant lors de l\u2019audience en appel du 25\u00a0mars 2008, et irrecevable pour le surplus\u00a0;<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 3 de la Convention pris seul et combin\u00e9 avec l\u2019article 13 de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>3.\u00a0\u00a0Dit qu\u2019il y a eu violation de l\u2019article 6\u00a0\u00a7\u00a7\u00a01 et 3 c) de la Convention\u00a0;<\/p>\n<p>4.\u00a0\u00a0Dit<\/p>\n<p>a)\u00a0\u00a0que l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur doit verser au requ\u00e9rant, dans les trois mois, 10\u00a0700 EUR (dix mille sept cents euros), plus tout montant pouvant \u00eatre d\u00fb \u00e0 titre d\u2019imp\u00f4t, pour dommage moral, \u00e0 convertir dans la monnaie de l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur au taux applicable \u00e0 la date du r\u00e8glement\u00a0;<\/p>\n<p>b)\u00a0\u00a0qu\u2019\u00e0 compter de l\u2019expiration dudit d\u00e9lai et jusqu\u2019au versement, ce montant sera \u00e0 majorer d\u2019un int\u00e9r\u00eat simple \u00e0 un taux \u00e9gal \u00e0 celui de la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal de la Banque centrale europ\u00e9enne applicable pendant cette p\u00e9riode, augment\u00e9 de trois points de pourcentage\u00a0;<\/p>\n<p>5.\u00a0\u00a0Rejette la demande de satisfaction \u00e9quitable pour le surplus.<\/p>\n<p>Fait en fran\u00e7ais, puis communiqu\u00e9 par \u00e9crit le\u00a08 janvier 2019, en application de l\u2019article 77 \u00a7\u00a7 2 et 3 du r\u00e8glement de la Cour.<\/p>\n<p>Fato\u015f Arac\u0131\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Branko Lubarda<br \/>\nGreffi\u00e8re adjointe\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pr\u00e9sident<\/p>\n<div class=\"social-share-buttons\"><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/sharer\/sharer.php?u=https:\/\/laweuro.com\/?p=102\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?url=https:\/\/laweuro.com\/?p=102&text=CASE+OF+DUBINKIN+v.+RUSSIA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?url=https:\/\/laweuro.com\/?p=102&title=CASE+OF+DUBINKIN+v.+RUSSIA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">LinkedIn<\/a><a href=\"https:\/\/pinterest.com\/pin\/create\/button\/?url=https:\/\/laweuro.com\/?p=102&description=CASE+OF+DUBINKIN+v.+RUSSIA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pinterest<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TROISI\u00c8ME SECTION AFFAIRE DUBINKIN c. RUSSIE (Requ\u00eate no 9305\/08) ARR\u00caT STRASBOURG 8 janvier 2019 Cet arr\u00eat est d\u00e9finitif. Il peut subir des retouches de forme. En l\u2019affaire Dubinkin c. 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